Nous ne sommes pas toujours au même niveau de profondeur quand nous sommes en relation. Chacun de ces 5 niveaux de communication a son importance et est nécessaire à une bonne santé relationnelle. Plus le niveau est superficiel et moins il comporte de risques, plus il est profond, plus le risque de contrôle et de manque de respect est grand. Et en même temps, quand il y a de l’honneur, plus le niveau est profond, plus l’on se sent reconnu, aimé, avoir de l’importance pour l’autre et en sécurité dans la relation.

Le retrait

Nous ne pouvons pas communiquer constamment avec les autres. Nous avons besoin parfois de silence ou de pouvoir méditer ou dialoguer avec nous-mêmes, comme le faisait le roi David qui parlait à son âme. 

On peut être dans le retrait aussi bien seul dans une pièce qu’en se trouvant au milieu d’une foule. 

Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’interactions avec quelqu’un d’autre que pour autant le retrait est toujours positif. Il est aussi possible d’être dans le retrait de façon négative, en boudant, par exemple, ou en nourrissant de l’amertume ou de la colère. 

Le rituel

C’est tellement reposant parfois d’avoir une communication sans surprise, car réglée d’avance. Ce niveau est fait aussi bien de formules de politesse que de petits mots ou gestes convenus, comme « Peux-tu me passer le sel ? », « Bonne journée ! » ou un signe de la main.

Ce niveau pourrait sembler sans importance, pourtant, c’est quand il manque que nous nous rendons compte qu’il a aussi sa place.

Comme, par exemple, croiser un ami dans la rue qui nous ignore et oublie de nous saluer. 

Le passe-temps

On parle ici de la pluie et du beau temps, du dernier match de foot, de politique, d’éducation, de religion, des gens, et si l’on parle de soi, c’est de façon factuelle. C’est typiquement le niveau utilisé dans les pauses, les thés de mariage ou à la sortie du culte. L’engagement personnel est un peu plus grand que dans les niveaux précédents, puisque on partage des idées ou des opinions, mais le risque est encore peu élevé. Les ragots et la médisance font partie de la façon négative de communiquer à ce niveau.

L’activité

Il s’agit de communiquer dans ou en vue d’une tâche commune. C’est donc le niveau le plus utilisé dans la vie professionnelle entre collaborateurs. En famille, c’est le niveau des projets et des activités ensemble, comme de se distribuer les tâches ménagères ou préparer les prochaines vacances ou encore faire un jeu ensemble. Le risque est plus élevé, puisque cela a à voir avec nos compétences, notre capacité à faire des choses.

En même temps, le niveau de reconnaissance est aussi plus élevé : il y a aussi bien de la place pour les compliments authentiques que les critiques constructives.

La façon négative de communiquer négativement à ce niveau comprend la flatterie et les critiques sans grâce. 

L’intimité

Certainement le niveau le plus gratifiant en même temps que le plus risqué, car c’est celui de la connexion la plus profonde, du cœur à cœur.

Nous prenons ici le risque de nous faire connaître, d’échanger la vérité qui est en nous.

C’est à ce niveau que nous partageons nos ressentis, nos goûts, nos aspirations, nos désirs et nos rêves. C’est aussi ici que nous faisons part de nos besoins et que nous faisons des demandes. C’est le niveau d’une véritable écoute de l’autre. Parce que nous nous montrons mutuellement ce qui se trouve dans notre cœur, nous nous rendons très vulnérables. 

Cette authenticité et cette vulnérabilité sont mal supportées si nous ne sommes pas « des personnes puissantes ».

Par crainte, nous préférons alors contrôler l’autre et communiquer par sous-entendus et messages cachés. Nous nions les sentiments et les besoins de l’autre parce que nous nous sentons désemparés et impuissants. 

Il s’agit bien moins de trouver des solutions pour l’autre que de l’accueillir et l’écouter pour entendre son besoin et si possible y répondre, simplement parce que nous l’aimons. C’est comme avec un enfant. Nous cherchons à comprendre son besoin pour pouvoir y répondre. Quand le besoin est entendu, alors avec le contentement vient la paix et la sécurité.

C’est ainsi que se construit la confiance.

Cette simple question : « de quoi as-tu besoin ? » peut changer notre façon de communiquer au niveau de l’intimité.

Parfois nous ne savons pas nous-mêmes de quoi nous avons besoin. La première chose pour bien communiquer, c’est de répondre pour moi-même à cette question, afin d’aider l’autre à me connaître au travers d’une communication réelle et profonde.

Conclusion

Il est impossible de se faire connaître et de connaître l’autre sans prendre le risque d’une communication intime. En même temps, mon intimité n’est pas à faire connaître à toutes et tous (voir notre article Honneur et limites). A nous de moduler nos degrés de communication sans les confondre et en les utilisant pour atteindre une bonne santé relationnelle. Une atmosphère d’honneur offre une cadre sécurisant pour permettre une intimité qui fait grandir.

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