Collaborer ne signifie pas additionner des compétences, mais multiplier l’impact de celles-ci.

Personne n’oserait dire qu’il ne veut pas collaborer. Même les porteurs d’idées diamétralement opposées prétendent qu’ils collaborent ensemble. On voit ça aussi bien dans le monde politique qu’économique. Mais que signifie collaborer spirituellement ? Comment concrètement ? Quel rapport avec l’honneur ? Et plus étonnant encore, avec les mathématiques ?

Additionner des forces

Nous ne voulons pas additionner des forces, même si l’idée d’additionner des forces peut être séduisante. Additionner des forces, c’est rester dans une dimension unique.
Quand on additionne, on ne change pas l’état des choses additionnées. Si j’additionne des pommes, autant que je puisse, j’obtiens toujours des pommes même si c’est en plus grande quantité. Quand on additionne, on met bout à bout (ou côte à côte) les objets additionnés (même si en réalité on empile les caisses de pommes).

Multiplier des forces

Ce que nous voulons en réalité, c’est multiplier les forces.
La multiplication a ceci de particulier sur l’addition, qu’elle permet de changer de dimension. Si j’additionne deux longueurs, j’obtiens une longueur, plus longue certes mais c’est toujours une longueur.
Si je multiplie une longueur par deux ou trois ou plus, je ne fais en fait qu’une addition déguisée et j’obtiens toujours une longueur.
Mais si je multiplie deux longueurs, j’obtiens une surface. J’ai changé de dimension. De plus, je peux multiplier une surface par une longueur ce qui me donne un volume. En d’autres termes, la multiplication permet « d’ajouter » une dimension. Et chaque fois que l’on multiplie par une « longueur » de plus, on entre dans une nouvelle dimension, ceci à l’infini.
Le Royaume de Dieu a une infinité de dimension. Paul en avait l’intuition quand il dit : « que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ». (Eph 3, 18-19)

Additionner des ministères

Notre risque serait de nous contenter d’additionner les ministères, juste de les mettre côte à côte.
Dans le ministère, quand on additionne des évangélistes avec des pasteurs et des docteurs on obtient une chaîne chronologique. Les évangélistes font leur travail, produisent des nouveaux chrétiens dont les pasteurs vont prendre soin et que les docteurs, ensuite, vont enseigner aux subtiles nuances de la bible. Et c’est déjà très bien. Et on aimerait bien que cela fonctionne ainsi.
Mais ce n’est qu’une addition de force. C’est beaucoup mieux que de s’ignorer, mais pour nous, ce n’est pas encore s’honorer pleinement.

Multiplier des ministères

Que signifie multiplier les ministères plutôt que de les additionner ?
C’est là que la question profonde de l’honneur entre en jeux et qu’il est important de parler de co-laboration. Littéralement « travailler avec ». Pas travailler les uns après les autres.

La collaboration demande un travail ensemble et non pas un travail successif ou côte à côte comme dans l’addition des ministères.

C’est en travaillant ensemble que nous multiplions et que nous entrons dans des dimensions nouvelles.

Les étapes pour travailler ensemble et multiplier ?

  • Il ne s’agit bien sûr pas d’évangéliser tout en enseignant les subtilités du texte biblique. Nous parlons ici d’équipe véritable !
  • On peut commencer par comprendre et aimer ce que fait l’autre. Se renseigner sur son ministère, lire ce qu’il écrit, assister à telle ou telle conférence, l’accompagner une fois ou l’autre, prier pour lui. Tout ceci afin d’être intéressé à son action.
  • Dès lors il lui sera possible d’ouvrir son cœur, de partager ce qui le motive, son enthousiasme ou alors ce qui lui pèse ou l’effraie.
  • La confiance va s’installer et grandir.
  • Il sera alors possible de le considérer comme supérieur à soi, selon Philippiens 2,3. Il ne s’agit pas de se dévaloriser, mais bien d’élever l’autre dans notre estime, de réaliser la place importante qu’il a dans le plan de Dieu et pour que le corps du Christ soit vivant et complet.
  • Il sera alors possible de promouvoir l’autre, de manifester publiquement notre enthousiasme pour ce qu’il fait et d’encourager chacun à bénéficier de son ministère. C’est ainsi que le corps du Christ sera « bien articulé » et non tout raide ou avec des membres détachés les uns des autres.
  • Je pourrai alors amener mes ressources dans l’équipe et les mettre au service des autres membres tout en recevant les leurs et leur service envers moi.
  • La crainte ayant disparu, l’étape d’après nous permettra peut-être de nous soumettre les uns aux autres. Les réflexes de crainte sont soit la fuite (abandonner l’équipe ou le projet), soit la paralysie (se taire et ne plus rien dire.) Difficile de se soumettre quand il y a de la crainte de l’autre ou de son jugement sur moi.
  • Alors nous pourrons véritablement chercher et accomplir ensemble la volonté de Dieu et entrer dans des dimensions nouvelles du ministère.

Conclusion

Au lieu d’aligner une série de ministères qui se côtoient et de créer de longues chaînes dont les maillons éloignés s’ignorent, nous pourrons ainsi créer des équipes qui collaborent en multipliant leurs forces et entrer dans une puissance nouvelle qui nous viendra de notre capacité renouvelée à nous honorer profondément. L’honneur soutien la puissance.