Que privilégier dans notre vie chrétienne ? Les fruits de l’Esprit ou les dons de l’Esprit ? Notre caractère et notre capacité d’avoir de bonnes relations ou la puissance dans le ministère ?

Pendant une longue période de ma vie, peut-être parce que je ne savais pas vraiment comment les utiliser, ou parce que je pensais devoir être une meilleure personne avant de pouvoir véritablement les exercer, j’ai laissé de côté les dons en faveur des fruits de l’Esprit. Je pense ne pas être la seule personne à avoir eu cette tendance que j’ai pu observer à maintes reprises autour de moi. D’une manière générale, c’est celle qui a prévalu au cours des siècles dans l’Église et qui était considérée comme normale.

Accent sur le caractère

Rechercher à développer le fruit de l’Esprit dans nos vies est certes une bonne chose, c’est un aspect important de la ressemblance à Christ à laquelle nous aspirons, et que nous ne devrions en aucun cas négliger. Cependant, si nous nous confinons à cet aspect des choses, notre impact sur le monde et notre témoignage auprès des gens qui nous entourent est privé d’une partie importante de l’action de Dieu.  Qui d’entre nous ne s’est pas senti frustré à un moment ou un autre par le peu d’impact, de puissance de son témoignage ?

De plus, quand nous plaçons la question de notre propre sanctification au-dessus de celle de la puissance, nous courons un double risque : celui de nous considérer comme meilleurs que les autres, mais aussi celui d’accueillir les dons non plus comme les cadeaux de Dieu qu’ils sont en réalité, mais comme des récompenses pour bonne conduite.

Accent sur la puissance

Nous avons certainement tous connus des chrétiens pleins d’ardeur, magnifiquement équipés de nombreux dons, mais immatures dans leur caractère, peut-être blessants dans leurs relations ou ayant glissé dans un péché évident. Dieu, en effet, et c’est un mystère parfois troublant, semble ne pas se préoccuper prioritairement de l’état de péché de la personne à qui Il confie un ministère pour se manifester avec puissance.

Par contre, quand cela se produit, nous avons tendance à utiliser l’état de péché ou de caractère de la personne en question pour juger son ministère, ceci d’autant plus s’il se manifeste par des actions qui ne nous sont pas familières justement comme l’exercice de dons spirituels. Nous rejetons à la fois le péché et le ministère quand ce n’est pas aussi la personne elle-même.

Jésus la parfaite théologie

Cette expression empruntée à Bill Johnson nous invite à considérer la façon dont Jésus vivait et était un modèle pour ses disciples. Chez Lui, pas de séparation entre fruit de l’Esprit et manifestations de la puissance de Dieu. Il vivait une vie de pureté et d’honneur à l’égard de son entourage, tout en exerçant les dons de l’Esprit pour encourager, guérir, libérer et bénir tous ceux qui le rencontrait.

Devenir de plus en plus comme Jésus, c’est à la fois être la lumière du monde à Sa suite et faire les oeuvres qu’Il a faites, pour que le monde puisse goûter à Sa bonté et se tourner vers Lui. C’est ainsi qu’il a révélé le Père à ce monde d’orphelins.

Sans honneur pas de puissance collective !

Si donc l’exercice des dons ne semble pas pour Dieu être subordonné à une vie sanctifiée (même si ce serait beaucoup plus équilibré et agréable, nous en sommes bien d’accord), l’articulation du corps et de ses membres est par ailleurs très importante pour voir la multiplication de la puissance de Dieu justement à l’échelle collective et communautaire. C’est l’honneur qui permet d’une part de ne pas rejeter le ministère (et la personne) quand il y a péché, et d’autre part de tenir ensemble les ministères de puissance sans comparaison, jalousie et compétition, afin que, s’appuyant les uns sur les autres, ils permettent une démonstration, un rapprochement du ciel sur cette terre.